Blog

Avoir un enfant

30/01/2015 13:10

Alors voila. Je me doute que si tu tombes là dessus, ce n'est absolument pas parce que tu cherchais la recette extraordinaire du boeuf bourguignon qui fait revenir la gamelle complètement essorée de tout jus et restes à congeler -ou alors tu t'es vraiment perdue dans tes recherches-, mais parce que cette fois, c'est bon, l'opération marathon pro-couches et bib's a foison est évoquée au sein de votre petit foyer.

Peut être que tu es déjà concernée, que tu l'as déjà fait (sous entendu que tu as déjà vaincu les parties charmantes d'une première où même deuuuxième grossesse et que tu veux recommencer... T'es pas un peu maso ?), peut être que tu es déjà enceinte et que la partie "comment on fait les bébés" ne te concerne déjà plus, mais peut être que si, au final.

Bref, bienvenue à toi. Bienvenue où ? Dans ces lignes, dans le club des Essayeuses, dans l'univers un peu fou et flou des futures parents... Bienvenue partout. « Welcome » comme dirait l'autre.

Mon but à moi, dans cette histoire, c'est de t'expliquer deux trois trucs, répondre aux questions avant même que tu ne te les poses, parce que je suis passée par là, que comme toi, j'ai scruté les forums débiles, cru aux mythes auxquels je ne prêtais aucune attention avant de franchir ce fameux cap... En gros, je suis là pour te rassurer, parce que ça, personne ne le fait vraiment (avec l'ère d'internet, aujourd'hui, on trouve un peu de tout et du grand n'importe quoi, surtout du n'importe quoi et quelque soit ce que tu chercheras dans ton moteur de recherche Gougueul, tu seras atteinte de maladies incurables et imprononçables dans 90% du temps).

Alors oui, je suis un petit peu cynique, mais réaliste. Tout est dit sur trait d'humour, mais là où chacune signe un pacte de silence radio sur les pires choses qui peuvent nous arriver en étant enceinte, de mon côté je tenterais de te décrire tout ça au plus proche de la vérité-vraie-qui-fait-pas-si-peur-que-ça. Bien sur, je te parlerais aussi des trucs sympatoches ! Mais surtout, j'en profiterais pour te glisser deux trois trucs au sujet de ton homme, pour que tu comprennes comment lui ça se passe dans sa tête. (J'ai beaucoup de chance d'avoir un homme qui répond à mes questions du mieux qu'il peut et donc c'est à lui qu'il faudra dire merci pour cette partie là de l'histoire).

Alors, pour cette première partie, la vérité-vraie-qui-fait-pas-si-peur-que-ça se résume à ça :
Vous êtes installés dans un petit appart' sympa, où même dans une maison avec un petit jardin (ce qui est encore plus sympa !), vous avez une situation, vous vous êtes trouvés, mariés peut être et toi, femelle, ton horloge biologique s'est tout d'un coup déraillée en faisant ce « TIC-TAC... Ohoh ? J'ai dis TIC-TACqueuuuh ! ». Tu t'es rendue, ronronnant comme une chatte auprès de ton homme qui était certainement préparé à tout sauf à cette question à ce moment précis, en plein match de foot, de partie interminable sur la console (mais si, tu le penses tout le temps qu'il y passe trop de temps) et avec la discrétion d'un éléphant dans un couloir, tu lui as demandé :
« Mâmour ? Ça te dirait pas qu'on fasse un bébé ? »
Gros bug de l'homme.
Il t'a sûrement répondu " Hein ?!" pour commencer, mais rassure-toi, d'autres ont certainement répondu complètement à côté de la plaque et c'est la raison pour laquelle elles ne passent pas par ici.
Alors l'homme a perdu sa partie, raté le but du siècle. Il fixe l'écran, mais crois moi, ça cavale dans sa tête. Si ça cavale, c'est que c'est bon. Il est juste en train de faire une synthèse de ta question. Il résume. Tu vois pas ? Attends, je te montre :

« Mâmour ? Ça te dirait pas qu'on fasse un bébé ? » = « Euh... Bébé ? »

Ensuite, il décompresse ta question :
Bébé
=
moins de sous, des cris, moins de potes, moins de femme, plus de corvées

MAIS

des sourires, des choses à transmettre, des balade en vélo, quelqu'un pour jouer au foot (= « je veux un p'tit mec »)...

Viennent ensuite les questions te concernant. Bein oui, ils savent quand même compter, ils savent que quoi qu'il arrive, même si vous vous séparez, il devra quand même continuer à te supporter dix minutes, un week end sur deux plus une fois par mois en prime pour la pension alimentaire pendant dix huit ans, sans compter les primes de redressement comportementaux du môme... Ce qui fait : 10x(52:2)x18 = 4680 minutes au bas mot, sans les extras pension alimentaire + coalition parent VS enfant, soit 78 heures. Or, sa grande question c'est « Elle, pour toute une vie ou au mieux pendant 78 heures de ma vie ? »

Certes, c'est un peu plus complexe que ça dans leur tête, mais en résumé, c'est leur façon a eux de se demander si nous sommes LA bonne. Nous on le sait déjà, sinon on ne l'aurait pas épousé, on ne se serait même pas mis avec d'ailleurs. (Vous avez remarqué que, généralement, à chaque fois, on est toutes convaincues que "celui là, c'est le bon ! Hihi ! " -oui, le "hihi" était obligatoire-).
C'est aussi leur façon a eux de se poser les bonnes questions sur les concepts d'éducation que vous aurez à mettre en commun. Eh oui, sache-le : il nous jauge à ce moment précis sur notre capacité à être une bonne mère, selon lui. Mais non, ne t'offusque pas, voyons ! C'est tout simplement que tu es avec un homme responsable qui ne prend pas de décisions (impliquant une vie complète) à la légère.

Bref, pendant ces trois minutes de silence où tu restes plantée à côté du canap' en te disant que s'il continue à fixer cette télé, tu vas finir par lui enfoncer la tête dedans, lui, il cogite. Il ne te répondra peut être pas tout de suite, surtout si c'est la première fois que vous en parlez et que tu lui poses la question.

Et puis, un jour, à un moment, enfin... Plus tard quoi... Quand tu ne t'y attends pas, il te relance sur le sujet, comme si l'idée venait de lui. Ne bondis pas, le mieux c'est de le laisser venir par lui même et de le laisser dire ce qu'il a à dire. Du moins, s'il t'en reparle, c'est que c'est tout bon et que dans sa tête, c'est parti. Par contre, s'il ne dit rien, c'est qu'il va falloir que tu y retournes et que tu lui tires les vers du nez.

Mais en admettant qu'il t'ait devancé, vous voilà à l'essai.

Tu as pris ton rendez-vous avec ton gynécologue pour lui expliquer que tu veux arrêter ta pilule pour avoir un bébé, tu penses lui annoncer la surprise du siècle et lui te regarde comme si tu lui énonçais ta liste de courses. C'est normal. Pour toi, c'est un scoop, pour lui, c'est le quotidien. Ne pleure pas, c'est pas grave, y'a plein d'autres personnes que ça surprendra.

Mais voilà, ton premier cycle sans contraceptif commence.

Et là, tu espères, tu guettes, tu t'auto-oscultes sans arrêt. Normal.

Alors forcément, si tu ne fais pas partie de ces veinardes qui choppent direct leur vers-de-terre de compète le premier mois, tu te choppes une déceptionnisse aiguë lorsque ton débarquement arrive (avec du retard, bah oui ! T'as arrêté la pilule ma grande, ça fout un sacré bordel là dedans).

Je passe sur le fait que les mois peuvent s'enchaîner comme ça, encore et encore, mais il faut que tu le saches : la moyenne pour tomber enceinte, c'est un an.

UNE PUTAIN D'ANNEE

Et pendant cette année (si, comme moi, tu mets neuf mois pour que ça arrive, tu te sentiras toute puissante d'avoir été meilleure que la moyenne, tu verras) tu vas passer par plusieurs phases un peu débiles. D'abord, tu te demanderas pourquoi est-ce que systématiquement, ton homme à mal à la tête au milieu de ce qui doit être ton cycle et que c'est le seul moment où il n'aura absolument pas envie de faire quoi que ce soit. Fais moi confiance, c'est de la parano. Il a toujours été comme ça, trois jours par mois, c'est juste qu'avant, tu n'y prêtais pas attention.
Ensuite, tu auras mal aux seins, la nausée, mal au ventre et du retard tous les mois. Tu achèteras d'ailleurs tout un stock de tests de grossesse et en fera sûrement douze par mois, parce qu'on ne sait jamais, un faut positif, c'est plus courant qu'il n'y paraît.
Et puis un jour comme les autres, tu achèteras ton énième test de grossesse. Ce sera le jour où tu ne le feras que pour "valider", parce que de toutes façons, si tu étais enceinte tu le saurais. Tu ne te sens pas différente de d'habitude, mais justement, pour faire "comme d'habitude, tu feras pipi sur ce fichu bâtonnet presque pour dire à tes règles "vous voyez maintenant, bon, c'est bon, on arrête les conneries, vous pouvez sortir cette fois !". Et là, miracle ! Le petit trait apparaît, rejoignant l'autre en son sens.
Vous tournez de l'oeil, une larme pointe au coin de celui-ci. Vous êtes angoissée, heureuse, paniquée, galvanisée. Vous y êtes cette fois. Vous êtes enceinte.
Et l'homme, qui vous attend dans la cuisine en surveillant des cordons bleus qui sont en train de crâmer, tant il est dans ses pensées, sort de sa torpeur lorsque vous lui mettez le test sous le nez.
"Et euh... ça veut dire quoi le + là ?
- Que tu vas devenir Pocket Daddy, mon chéri."

 

Pocket Mum

Objets: 2 - 2 Sur 12
<< 1 | 2 | 3 | 4 | 5 >>

Ton mot à toi

Et toi, t'as des trucs à dire ?